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Livret d’introduction à Runequest éd Studio Deadcrows

Posted by on 18 août 2019

Retour de Glorantha,

Amis rôlistes, je me souviens de l’époque où étudiant, les couvertures des suppléments Runequest parsemaient les pages de tests et de previews de Casus Belli. On va dire vers le début des années 90’. Oui, j’ai un certain âge, pas encore vénérable mais tout vient à point à qui sait attendre.

Cela faisait vraiment envie. Le hic consistait en mon impécuniosité et le manque de joueurs sous la main pour m’abandonner à cette passion naissante. J’étais fan sans avoir jamais pratiqué.

Saut temporel, nous sommes en l’an de grâce 2017. A la faveur d’un accident malencontreux qui motiva un arrêt de travail de 3 mois, pour cause de fracture, je me faisais prosaïquement chier à la maison. La télé, les jeux vidéo et la lecture ça allait bien à force. En tombant sur quelque ancien numéro de Casus, ma moitié m’invita à rechercher un club de jdr dans la région. Miracle, il y a une association de jeux de société incluant une section jdr près de chez moi. Dingue.

Surprise donc et premiers pas dans ma nouvelle vie de rôliste. J’ai ressorti l’Appel de Cthulhu du placard, enfin j’ai commandé la v7 car j’ai paumé la v5 des éditions Descartes, INS/MV que j’affectionne particulièrement en one shot, c’est parfait pour de l’initiation ; je remballe Rolemaster parce que bon faut pas abuser sur les tables et les tables et les sous règles, et je me jette avec plaisir dans le bain de la masterisation.

Alors quand parle-t-on de Runequest, nom de Zeus ? Et bien maintenant, suivez le guide.

Il faut bien reconnaître que le média internet a changé la donne. Youtube a été une bénédiction dans l’essor actuel du jeu de rôle en le rendant plus accessible au grand public. Parmi les chaînes qui intéressent notre passion, Roliste TV a fait une vidéo il y a quelques mois sur la campagne de financement participatif de la nouvelle édition VF de Runequest, aventures dans Glorantha en préparation aux éditions Deadcrows Studio. Déjà happé par le titre de la vidéo, (on reparle juste après du pourquoi), Mathieu nous présente une somptueuse adaptation de Runequest qui en fait la v7 toutes éditions confondues. Le financement participatif s’est terminé il y a trois semaines avec un beau succès et la livraison est prévue dans un an. Un an c’est super long je trouve. Mais aux studio Deadcrows, on est malin et ils ont prévu l’apéro avec l’édition en juin dernier d’un livret d’introduction gratuit en pdf sur leur site, même si j’ai acquis la très belle version papier. Matérialiste ? Moi ? Peut-être.

En tout cas belles illustrations, papier de qualité, un résumé des règles et un scénario. Que demande le peuple ? Du pain et des jeux me direz-vous. Pour le pain je ne vais pas pouvoir faire grand-chose, mais pour le jeu, on va de-suite mettre les mains dans le moteur jusqu’aux coudes pour voir ce que tout cela donne en séance.

Je porte un intérêt à Runequest depuis plusieurs années même sans y avoir joué pour deux raisons. La première est que je ne fais pas de méd fan comme meneur de jeu car Donjons et Dragons et consorts (Pathfinder, Chroniques oubliées, Héros et Dragons…) relèvent de la high fantasy et pour ma part, bof. Pour cette même raison j’attends la V4 de Warhammer avec impatience depuis des mois, et si d’aucun affirme qu’elle sera là pour septembre 2019, je demande à voir étant donné qu’elle devait sortir en décembre dernier. Mais Warhammer c’est plus de la Dark fantasy donc rien à voir non plus avec Runequest. Mais si vous aimez la fantasy vous avez fait la moitié du chemin vers Glorantha.

L’autre raison est le background (ouais je ne dis pas lore) du jeu, orienté clairement mythologie à l’opposé des autres jeux de rôle fantasy. Donc si vous aimez la mythologie au sens large, Conan le Barbare, le choc des Titans, 300, St Seiya (oui St Seiya) et que vous avez apprécié le jeu vidéo Assassin’s Creed Odissey, Runequest est fait pour vous.

On parle souvent de Donjons et Dragons comme le premier jeu de rôle et c’est sans doute vrai. C’est surtout le plus connu. Néanmoins, Runequest est lui aussi très populaire depuis sa première édition parue en 1978 aux Etas Unis. Il faudra attendre trois ans avant de pouvoir se procurer le jeu dans la langue de Molière. Runequest a été créé par Greg Stafford qui a fondé la société Chaosium pour l’éditer. Ah, ça y est ça commence déjà à parler à quelques-uns d’entre vous. Chaosium , c’est une toute petite « boîte » qui a édité des jeux undergrounds comme Stormbringer d’après l’œuvre de Michaël Moorcock et surtout l’Appel de Cthulhu tiré de l’univers de Howard Philip Lovecraft (même si Cthulhu existait bien avant lui je précise). Des « petits » jdr en somme.

Donc Greg Stafford a posé les fondations, fin des années 70’ d’une solide bâtisse nommée Runequest qui s’est développée au fil des décennies. Le jeu prend principalement place dans un monde appelé Glorantha et plus généralement sur le continent de Genertela. J’avais lu dans Casus Belli il y a de çà ouhla ben longtemps, que cela se déroulait dans un univers équivalent à l’âge du bronze chez nous. Je serais plus prudent en allant d’un passé hypothétique à la Conan, au bas moyen âge.

Je cite l’intro du livret : « Dans glorantha, les dieux et les déesses sont réels… les aventuriers sont les aspirants héros de notre époque. Chacun est lié à une ou plusieurs Runes , les puissances cosmiques qui définissent Glorantha et se manifestent à travers les dieux. »

Mouarf, ça sent bon l’aventure tout çà. Un univers complexe, de la magie runique et spirituelle (si, si), des combats aux proportions épiques, de la diversité dans les peuples et les religions, d’ailleurs il est précisé que si les humains sont les plus répandus, les peuples aînés sont encore de la fête. On peut même incarner un canard,… bref, les astres sont propices.

Mais Runequest c’est tout çà mais, pas que. L’originalité de Runequest tient également dans son système de jeu créé par Steve Perrin, toujours utilisé dans moult jdr aujourd’hui puisqu’il s’agît du Basic Rôle Playing System que l’on trouve dans la majorité des jeux édités par Chaosium. L’AdC et son système à base de pourcentages, c’est du BRPS.

On jette 2 d10 (1d100) et si l’on fait sous la compétence ou la caractéristique x 5, l’action réussit. Les réussites et échecs critiques sont présents et il y a quelques finesses qui permettent d’associer une Passion, une Rune ou une compétence afin d’appuyer un jet dans certaines circonstances.  Ensuite le système se démarque par l’utilisation d’un d20 pour localiser les dégâts lorsqu’on frappe un adversaire. On applique les dégâts en fonction de l’arme ou du sort utilisé. Enfin tout le monde peut utiliser de la magie en fonction de son allégeance à un dieu et des runes. Donc, si toi tu ne portes pas une robe de mage mais une armure de plates, tu peux aussi accéder à la magie. L’idée est de ne pas cloisonner définitivement un personnage, ce qui est plutôt positif. A voir pour l’expliquer par l’historique du personnage joueur avant la partie ou en briefing quand on a un peu de temps pour préparer. Et l’initiative se fait par rang d’action, ce qui semble cohérent en fonction des armes etc…

Passons maintenant à la séance de jeu et je donnerai ensuite mon point de vue sur ce kit d’introduction à Runequest.

Lecture du scénario deux fois, je lis en diagonale système d100 ça va je maîtrise, ah, ah je fais de l’Appel de Cthulhu alors même pas mal… (le MJ balourd qui n’a pas trop préparé sa session) et go je me lance dans la partie avec cinq joueurs tous déjà rôlistes.

L’intro présente dans le livret est très bien pour décrire le background. Je note qu’il faudra que je l’interprète avec plus de convictions la prochaine fois que je lancerai une partie de Runequest (ce qui est sûr puisque j’ai participé au financement sur Gameontabletop).

J’avoue que je suis plus narrativiste et les règles c’est souvent à ma sauce. Sauf, que parmi mes joueurs il y avait un puriste, Kévin de son vrai prénom se reconnaîtra. Lui, il adore les chiffres, les bonus, les zones d’effet, la durée des sorts, le résultat exact d’un jet de dés, combien ça coûte une corde de 50 m. Je n’ai donc pas été déçu car étant donnée ma carence dans la connaissance du système de jeu en détail, on a mis environ 1h30 de plus que prévu pour boucler le scénario. Mais je dis cela sans acrimonie car cela s’est avéré bénéfique. En effet, certains points de règle ont pu être ainsi explicités in vivo. La prochaine partie sera beaucoup plus fluide. Restent juste quelques précisions à étudier sur certains points mais le système en lui-même est très facile d’accès. Si l’on fait un minimum de préparation…

Je tique sur un point quand même, la localisation des dégâts par le biais du saint d 20. Rien de compliqué à mettre en œuvre, on lit le résultat du d 20 sur une table incluse dans la feuille de perso du joueur et voilà.

Mon avis est mitigé sur la question. Si un membre est déjà hors d’usage (il y a des points de vie par localisation différents des points de vie globaux) et que le d 20 désigne encore ce membre, on frappe à côté malgré la réussite du jet ? on touche ailleurs ? où ? donc bof. J’estime que mes joueurs savent ce que leurs personnages visent et la réussite de l’action dit si cela touche ou pas et les dés de dommages affinent le résultat. Je laisse le joueur expliquer le résultat ou moi-même si le joueur m’y autorise ; avec des détails pour le plaisir des petits et des grands, sans toutefois tomber dans le gore à outrance. Ah, la pression artérielle et la viscosité du sang sur le sol.

Si des maîtres de jeu veulent utiliser le d 20 pour localiser les dégâts, pourquoi pas, mais je ne pense pas que cela soit indispensable. A voir avant le début de la partie avec les joueurs. Cela ne change pas grand-chose en termes de jeu mais ça peut casser le rythme.

Le scénario quant à lui est bien construit et aborde toutes les thématiques du jeu. Peut-être trop d’ailleurs, je n’ai pas cru bon d’employer les conflits spirituels, j’avais déjà bien assez à faire avec le reste. Tout est détaillé quant aux réactions des PNJ en cas de rencontre et leur insertion dans l’histoire est parfaite. J’avais peur en survolant le scénario qu’il soit trop court, mais en partie, comptez 3 à 4 heures à 5 joueurs si vous essayez de faire un minimum de roleplay.

Les prétirés sont très fouillés, peut-être à l’excès et je recommande de ne pas lire du tout l’introduction de chaque personnage car sans connaître l’histoire générale de Glorantha, vous allez patauger sévèrement dans la semoule. Inutile dans un premier temps de vous embêter avec. Si vous conservez le même personnage sur plusieurs aventures, par contre, prenez en connaissance pour mieux l’incarner.

Dernier point que je souhaite aborder, c’est la présentation de la feuille de personnage en elle-même. Je n’ai qu’une chose à dire, c’est quel bordel ! les compétences auraient gagné à être classées par ordre alphabétique. On a perdu un temps assez conséquent à chaque demande de test à rechercher la compétence adéquate. Enfin, bon, c’est comme ça, on s’en contentera.

MON AVIS :

Très bonne soirée de jeu, l’univers a l’air vraiment intéressant et si l’on veut à l’avenir développer un personnage bien à soi, il y a de quoi faire. Le scénario en cours de jeu s’est révélé complet sans être complexe sauf si on intègre tout d’un seul coup.

Points positifs :

Les descriptions du scénario sont quasi exhaustives et le mj peut s’appuyer dessus sans problème.

Les magies sont nombreuses et leurs effets bien décrits (au grand dam de certains joueurs qui croyaient que, mais en fait, non).

Pour un kit d’introduction, on prend le mj par la main et la lecture est très agréable.

Le scénario est intéressant à défaut d’être épique. Il donne l’occasion à tous les joueurs de s’éclater quel que soit son type de personnage. A la table, tout le monde a participé, et pour une fois personne n’est resté en retrait par rapport aux autres. Très appréciable. (J’ai déjà fait une partie de L’AdC en tant que joueur pendant laquelle je me suis dit : qu’est-ce que je fais là ?)

Aucune boule de feu à l’horizon.

La suite, la suite, la suite…

Points négatifs :

On croule un peu sous les infos.

Les fiches des personnages joueurs pas super ergonomiques.

Prévoir des photocopies des sorts pour éviter au mj de faire des aller retours dans le livret. Surtout avec 5 joueurs qui demandent en même temps les effets de 5 sorts différents.

Druinan,

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